Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 16:52

De l'intérieur, vue de l'intérieur,
hommage à l'intérieur :
Expérience "Mortel" vue mais revue par Manu Berk  (compte rendu en deux mots pour une étude universitaire d'une amie): 

            Un travail collectif qui, de par sa conception même de collectif reste, évidemment, toujours intéressante et pertinente dans un système où la séparation, la division, et l'individualisme règnent en puissance. On ne peut alors qu'applaudir ce genre de constructions évènementielle qui se pense dans la volonté artistique d'un moment partagé autour d'un temps des regards, du corps d'une réflexion, et d'un espace de créativité collective.
Je me suis rattaché à la caravane du projet en tant que plasticien encadrant un atelier jeune autour de la fabrication d'une cabane (barricade), et d'un espace pour le GAM (structure d'éveil musical). Investit depuis quelques années sur Berlioz, et assistant de près à l'évolution de leurs projets sociaux culturels, il est évident que j'ai une relation particulière avec cette MJC. Ce n'est pas ici le moment d'y raconter l'Histoire de cette structure quelque peu magique, rare, voir unique.
 
Bon sinon Mortel, projet mené par le théâtre de l'unité, assisté de Nathanel Petitjean en scénographie, fut un projet intéressant de par les vives discussions, et les débats engagés que cela a provoqué. Le théâtre de l'unité, connu pour un travail quelque peu subversif, ont réussi à interroger le quartier et ses habitants par la forme qu'ils ont sculpté en ce lieu. En effet, l'idée de tout brûler n'a pas fait l'unanimité, et pourtant, l'ephémère n'est pas une question qui date d'hier!! haha!!
Il y aurait beaucoup à dire sur l'invitation d'une grosse compagnie officielle dans un quartier populaire avec ce que cela implique financièrement....face au travail bénévole quotidien, l'engagement permanent et souriant de tous ces habitants qui s'investissent comme jamais pour leur quartier.

          Qui fait oeuvre? Qu'es ce que l'oeuvre?  Main d'oeuvre ou LES mains de l'oeuvre?!

C'est véritablement le débat qui s'ouvre là, mais on sait un peu tous la réponse, mais il faut le rappeler à l'égo des artistes pour qu'il fasse écho à l'humilité populaire, cependant l'oeuvre à berlioz n'est pas un ou deux ou 1000 projets, l'oeuvre à berlioz est berlioz lui même...outre le compositeur, la MJC avec ses habitants...

ou alors on se dit que l'on a toujours besoin de chef d'orchestre, mais ne jamais oublier que ce dernier a toujours besoin de l'orchestre et vice versa...c'est pour tout pareil finalement...il y a la conception (faite par un regard particulier)  et la réalisation (souvent réaliser par l'union des savoirs faire) ça c'est un sujet à développer dans le cercle infime des sciences de l' invisible.

Tout ça pour dire, que tous les évènements culturels de Berlioz sont des projets conçus par des regards particuliers (Patrick et Marlène, Générik Vapeur, Théâtre de l'Unité, Nat Petitjean...) construits par les habitants (là si je me met à les citer, j'ai pas fini, surtout que j'ai pas les noms!! sorry!!), bénévolement, juste par pur plaisir ou juste dans la généreuse volonté de l'action. Tout ça pour ne pas oublier des les applaudir aussi, et ne pas tomber dans l'admiration béate ou l'enchentement de la béatitude des idoles de la CULture OFFICIELLE...!!! Sans les gueux, pas de cour du Roi!!!

       Outre les habitants, tout évènement culturel, se créer d'un intérieur, un véritable intérieur, tellement intérieur que cela ressemble à un bureau. Tiens voilà une chose souvent oublié de part l'image spectaculaire créee par la société du spectacle. Ce bureau ou parfois même plusieurs bureaux, conçoit, fabrique, investit, mutualise, prévisionne, comptabilise, et favorise de l'intérieur toutes les possibilités pour l'extérieur. Encore un espace de création, certes plus administrative, mais essentiel au projet de création. Le coeur même du projet tient en ces bureaux, ils ne sont jamais relayer par l'image, et pourtant, ils sont les veines invisibles dans lesquelles coule le sang des possibilités du visible.

Il y a aussi la cuisine, et l'énergie déployée autour des repas sans qui, personne ne bouge, immobilisé dans un corps inanimé, affamé, crevé, il est rarement écrit sur les bulletins officiels des services culturels que la nourriture était là, onctueuse, et essentielle...production créatrice développée dans les mains et le savoir faire de personnes volontaires. Puis, il y a aussi le vin, pas le meilleur de la collectivité berliozienne, mais il est présent, là, corps immobile dans l'espace même du pichet. Et glou et glou.

Sans oublier Josianne, sans qui, l'espace même du savoir-vivre-ensemble, se concoit dans le confort d'un environnement saint.

La force des projets de Berlioz réside en cela : cette synérgie permanente entre les bureaux, l'atelier, la cuisine, les habitants, et les artistes. Ici, là, il y a Création, dans cette union, cette réunion des possibles. D'où l'idée d'en venir à cette citation que je sors tout le temps pour rabaisser les mythe des artistes ou du dieu créateur :

"l'artiste n'est pas une personne particulière mais toute personne est un artiste particulier".
 
Sinon, Le théa de l'unité, qui a eu du mal à écrire un scénario autour de cette première idée spontanée de construire 40 cabanes, donc un décor, a finalement su CREER l'évènement. Il y a des choses à revoir, à critiquer certes, mais il y a surtout un moment fort à remarquer  et souligner pour moi, un temps magique de l'évènement qui s'est construit un peu dans un doute collectif : le moment où tout prit FEU...je retiendrais pour ma part, ce moment fragile, brûlant, craquant, piquant,  tombant, où le public s'est retrouvé dans un espace inconfortable total, voir stressant: inquiétude, doute, peur, angoisse, malaise, pleurs (enfants), panique, et même de la part de certains organisateurs qui ne savaient pas trop comment cela pouvait se terminer!!

Ce moment d'incertitude prouve que le spectacle est vivant, que l'on est là, outre la salle normée de théâtre classique, où est donc passé mon siège?!

Qu'en est il de la part d'insécurité que peut créer l'art et le spectacle vivant? On est donc loin d'une simple consommation de masse, on est dans un espace temps qui nous renvoie directement à nos propres peurs, nos angoisses quotidiennes, la part cachée de l'ombre qui nous habite...et c'est dans cet effet miroir que je conçoit la création de tout art...l'art n'est pas décoratif, l'art est une réflexion qui peut faire mal.
Bref, je ne vais pas rentrer dans ma vision de l'art sinon, j'en ai pour quatre heures, ou une vie!!! 
 
Allez, j'espère que ça pourra t'aider...je ne voulais pas te parler de la vitrine du projet, de l'image extérieure, que l'on voit, des apparences, je voulais justement en profiter pour insister sur l'Etre du projet, les organes internes de ce corps original qu'incarne cette MJC, quasi zone-presque autonome-quasi temporaire!!!

et j'ai pas trop été critique, j'espère avoir été plutôt clairvoyant sur des réalités souvent troubles aux yeux du public, des publics, et de l'opinion publique...
 
MAnu Berk Le Rouge...

Publié dans : Les grandes Fêtes
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